Interventions et politique extérieure américaines

Salvador

En 1931, le Général Martínez arrive au pouvoir après un coup-d'État. Suite à la crise de 1929, le prix du café chute et une révolte paysanne éclate dans l'ouest du Salvador en 1932. Martínez réprime ce soulèvement qu'il considère comme « révolution bolchévique » et environ 30 000 paysans indiens sont tués ainsi que le leader communiste Farabundo Martí. Martínez mène d'abord une politique fascisante, il se rapproche de l'Allemagne nazie, mais les pressions américaines l'obligent à rompre ses contacts avec Hitler et à libéraliser le pays. Il abandonne le pouvoir en 1944 suite à une grève générale pacifiste. Se suivent ensuite différents gouvernements militaires anti-communistes.
Des élections démocratiques ont lieu en 1972 et 1977, mais à chaque fois l’armée intervient pour instaurer une dictature militaire. A noter que le Salvador est un client américain pour l’achat d’armes.

A la fin des années 1970, les violences entre groupes paramilitaires d'extrême-droite, les groupes armés d'extrême-gauche et l'armée s'accentuent. Le gouvernement militaire en place est renversé en 1979 et la Junte Révolutionnaire Gouvernementale (composée de militaires progressistes et de civils démocrate-chrétiens et, au début, de gauche) prend le pouvoir pour poursuivre une politique centriste. De nombreuses compagnies sont nationalisées, ainsi que des terres. L'extrême-droite, l'extrême-gauche et l'oligarchie refusent cette politique et les violences se poursuivent. Très vite, la vieille garde plus conservatrice, L’Arena, reprend le contrôle du coup d’État. Le 10 octobre 1980, les groupes armés d'extrême-gauche s'unissent sous le nom de Frente Farabundo Martí de Liberación Nacional (FMLN). Les États-Unis, qui ont toujours pesé sur la politique intérieure de ce pays, s’engagent alors militairement. On assiste à l’extermination de tous les individus progressistes et de leurs organisations (10 000 personnes tuées en 1980). La violence militaire gouvernementale, alliée des États-Unis, force les réformistes à entrer en guérilla.
Le groupe ORDEN (les « escadrons de la mort », officiellement aboli en octobre 1979), informe les militaires des cibles à abattre. D’Aubuisson réorganise le réseau ANSENAL.

L'année 1980

En 1980, le droit de libre expression et de réunion est aboli. L’armée a le pouvoir de détenir les citoyens sans accusation et sans preuves pendant 180 jours. Les médias opposés au gouvernement sont détruits. Durant cette année, l’armée exprime soutien et solidarité aux « escadrons de la mort ». La junte au pouvoir se réoriente plus nettement vers l’extrême droite et Duarte prend la direction du pays. Dans la presse américaine, le nouveau gouvernement est considéré comme centriste.
Les gouvernements du Salvador et des États-Unis soutiennent que les violences sont l’œuvre des extrémistes des deux bords, et non de l’armée, et que les autorités s’efforcent de stopper la tuerie et de mener à bien des réformes.
L’exposition des corps mutilés pour l’édification des habitants s’institutionnalise au début des années 80.

L’assassinat de l’évêque Romero

En mars 1980, l’archevêque Oscar Romero, personnalité très populaire, est assassiné, prétendument par des éléments d’extrême droite sans lien avec le gouvernement. Il était le critique le plus éloquent de la violente répression menée par le gouvernement militaire.
Quelques semaines avant sont assassinat, Romero avait écrit à Carter pour s’opposer à l’aide que Washington s’apprêtait à donner à la junte de droite. Carter, agacé, avait fait demander au Vatican de rappeler à l’ordre l’évêque.
Lors des funérailles, une bombe et une fusillade tuèrent 40 personnes dans la foule venue rendre hommage. L’état attribua l’acte de violence aux gauchiste, bien que cette explication ne tient pas : la bombe et la fusillade venaient du palais présidentiel. De plus, pourquoi les gauchistes s’en seraient-ils pris à des gens de leur propre camp ?

Les assassins n’ont jamais été officiellement découverts ou jugés. Par la suite, de nombreux indices ont montré que D’Aubuisson était au centre d’un complot visant à tuer Romero, avec l’aide des gardes nationaux de Somoza et le soutien des hauts dignitaires de l’armée. D’Aubuisson fut arrêté en mai 1980, puis relâché car les officiers de l’armée salvadorienne exigeaient sa relaxe. Les documents compromettants ont été saisis par l’armée. Le juge Ramirez, qui menait la commission d’enquête sans l'aide de la police ni du ministère de la justice, fut forcé de quitter le pays à cause de menaces.

Le meurtre des 4 religieuses américaines

En décembre 1980, 4 religieuses américaines sont violées et assassinées par des membres de la garde nationale salvadorienne. Le crime est très peu médiatisé aux États-Unis et une enquête excessivement sommaire conclue « qu’il n’existe aucune preuve d’implication des autorités salvadoriennes ». La responsabilité de cinq gardes nationaux est ensuite établie. Une enquête ultérieure d’un journaliste prouve que le crime était planifié et commandité par des officiers supérieurs. Deux gardes nationaux, qui auraient pu établir clairement le lien avec les autorités supérieures, sont fusillés avant d’être déclarés « disparus au combat ». Des juges assignés à l’affaire démissionnèrent pour sauver leur vie.

Le gouvernement américain s’est livré, à l’unisson du gouvernement du Salvador, à un camouflage systématique de la vérité et des manigances salvadoriennes. Le procès des cinq gardes eu lieu 3 ans et demi après les crimes, malgré leur identification rapide. Ce procès se déroula sous la protection de forces américaines. Le silence fut total concernant la responsabilité des supérieurs. Le Congrès américain gela l’attribution de $19.4 millions jusqu’à la conclusion « satisfaisante » de la procédure.

Élections de 1982, et après

De 79 à fin 81, on compte près de 30 000 victimes et 600 000 réfugiés. Pendant les 30 mois qui précèdent les élections de mars 1982, des milliers de civils sont arrêtés, emprisonnés, torturés, violés et assassinés en dehors de toute légalité, sous prétexte de pensées et d’actes « subversifs ».

Aucun parti de gauche ne peut s’organiser pour présenter des candidats aux élections salvadoriennes. L’armée publie une liste de 138 « traîtres » qui inclue pratiquement tous les politiciens de gauche. Les seuls partis qui se présentent sont ceux de l’extrême droite, prônant la guerre. Le vote est obligatoire, toute abstention étant punie par une amende. Les médias américains présentent cette élection comme un triomphe de la démocratie, occultant tous les aspects négatifs.

A la fin de la guerre civile en 1992, on dénombre 100 000 victimes.

Guatemala

De 1945 à 1954, Juan Arevalo puis le colonel Jacobo Arbenz mènent, grâce à un gouvernement démocratiquement élu, une réforme sociale et agraire. Les terres sont malheureusement concentrées entre les mains d’un petit nombre de propriétaires qui sont souvent contrôlés par l’étranger. On observe le même contrôle pour les bases stratégiques. Tout ceci menace constamment l’indépendance et la liberté politique du pays.

En 1954, des mercenaires entraînés par la CIA au Honduras et au Nicaragua renversent, avec l’aide de l’aviation américaine, le gouvernement de Arbenz. La contre-révolution antidémocratique y sert les intérêts de « l’élite » liée aux américains.

Depuis, les réformes sociales et économiques sont repoussées. Le Guatemala devient un état terroriste rarement égalé dans le massacre de sa propre population civile.
Dans les années 60, les États-Unis entraînent l’armée du Guatemala à la contre révolution. La terreur d’état institutionnelle atteint des niveaux catastrophiques à la fin des années 70. Les États-Unis prennent également en main l’entraînement de la police.

Les études d’organisations humanitaires montrent une machine militaire devenue folle depuis 1979, tuant aveuglément la population civile. Les tribunaux sont dirigés par les militaires. Les assassinats et la terreur sur les journalistes permettent de contrôler les médias. L’exposition des corps mutilés pour l’édification des habitants s’institutionnalise à la fin des années 70. Pendant la période 1978-1985, les organisations humanitaires estiment les pertes à près de 100 000 personnes.

Le Groupement d’assistance mutuelle se forme en 1984. Il a pour but d'aider la population à s’informer sur les disparus. Le nouvel État de Cerezo prétend les aider, mais n’en fait rien, et certains leaders du GAM sont même torturés et assassinés. Le GAM est accusé d’être manipulé par la subversion.

Elections de 1984 et 1985

Aucun parti de gauche ne peut participer aux élections constituantes de 1984. Quelques survivants du parti social démocrate se présentent aux élections présidentielles de 1985, mais la loi d’interdiction des réunions empêche toute formation d’un vrai parti. Aucun candidat ne représente la majorité paysanne. Le vote est obligatoire et l’abstention punissable d’une amende.

En 1985, Cerezo se présente comme un homme à la bonne volonté apparente, soucieux d’améliorer les droits de l’homme, mais il semble qu’il ait un accord tacite avec l’armée lui assurant de ne pas être inquiété. Après son élection, Cerezo ne fait finalement pas grand-chose et la situation des droits de l’homme reste épouvantable.

Image du pays et utilisation des médias

Sous le président Garcia, les américains attribuent les tueries à d’autres acteurs que le « gouvernement ». Une fois celui-ci renversé et remplacé par le président Montt, l’administration Reagan se met à « découvrir » et dénoncer les horreurs commises sous Garcia pour aider à donner une image décente de Montt. En 1982, Reagan déclare que Montt est « totalement engagé dans la cause de la démocratie », alors que les rapports d’Amnesty International continuent de dénoncer des crimes et que les groupes paramilitaires comme les « escadrons de la mort » forment un bras de l’armée.
Gêné par les rapports des organisations humanitaires, le gouvernement américain tente en 1982 de les discréditer en les accusant d’être politiquement orientés (à gauche) et manipulés.

A la chute de Montt, nouveau changement de musique : Montt était terrible mais le nouveau gouvernement de Victores est « plus ouvert sur la question des droits de l’homme » et se voit allouer une image réformiste. Reagan cherche à remodeler l’image internationale du Guatemala pour lui faciliter prêts et assistance, et amener le Congrès à délier les cordons de sa bourse.

Après les élections de 1985, les médias américains présentent Cerezo comme « le premier leader civil après 30 ans de régime militaire ininterrompu », bien que de nombreuses voix s’élèvent (dont des membres de l’église) pour dénoncer les élections et le climat général dans le pays.

Nicaragua

En 1853, les États-Unis interviennent pour protéger les citoyens et intérêts américains lors de troubles politiques.
En 1894, c’est pour protéger les intérêts américains à Blue-fields à la suite d’une révolution.
En 1926, les États-Unis expédient 5 000 soldats pour contrer une révolution. Il s’agissait alors de défendre le Nicaragua contre le Mexique supposé alors être un client des bolcheviques.
La dynastie Somoza s'installe au pouvoir de 1936 à 1979, avec l'aide des États-Unis.

Durant les derniers mois de cette dictature, alors que la révolution civile a lieu, on compte 50 000 morts. Les sandinistes arrivent au pouvoir en 1979 en renversant la dictature. Ils s’engagent dans une série de réformes qui visent à améliorer le niveau de vie des habitants. Les États-Unis ne peuvent l'accepter, ils apportent alors leur soutien financier et militaire aux contras basés au Honduras et dénoncent les élections. La moindre arrestation au Nicaragua est amplifiée par la presse américaine.

Les élections de 1984

En 1984, le droit de parole et de réunion est restreint, mais pas interdit. Les médias sont parfois soumis à la censure ou au contrôle de l’État, mais il y a cependant des stations de radio privées et des journaux privés violemment hostiles aux sandinistes. L’éventail des candidats à l’élection est large, dont des partis opposés au gouvernement. L’inscription sur les listes électorales est obligatoire, mais le vote ne l’est pas. Les conditions essentielles à un scrutin libre existent donc partiellement au Nicaragua, et les observateurs étrangers notent les conditions satisfaisantes de ces élections.

Les élections, qui sont sur le point de légitimer le gouvernement sandiniste, risquent de mettre en cause le financement américain à l’armée terroriste des contras. Les médias américains dénigrent alors la validité des élections d’une façon totalement calomnieuse, utilisant des critiques qui se seraient appliquées également au Salvador et au Guatemala, alors que la presse est restée silencieuse pour ces deux derniers pays. Ce mécanisme illustre bien une politique médiatique à deux vitesses, deux poids deux mesures.

En 1985, le Nicaragua dépose une plainte auprès de la Cour internationale de justice. Cette Cour condamne en 1986 les États-Unis pour ce qu’elle qualifie d’« usage illégal de la force », c'est à dire pour crimes de guerre contre le Nicaragua. La Cour ordonne qu’ils cessent toute aide au contras, se retirent et s’acquittent de réparations importantes. Les États-Unis répondent par le mépris, et la Cour est alors accusée de s’être discréditée. Le Congrès américains, majoritairement démocrate à cette époque, vote de nouveaux fonds pour les contras, et la guerre reprend de plus belle. Lorsque l’Assemblée générale des Nations unies proposa une résolution identique, les États-Unis, suivi seulement d’Israël et du Salvador, votèrent contre.

En 1986, le scandale de l’Irangate révèle que le produit d’une vente d’armes américaines à l’Iran a servi à financer les groupes terroristes de la Contra.

En 1987, les présidents d’Amérique centrale se mettent d’accord sur un plan de paix à Esquipulas, demandant que tous les pays de la région s’ouvrent plus franchement à la démocratie et au respect des droits de l’homme sous la supervision de la communauté internationale, insistant sur le fait que l’élément fondamental de cet accord est la fin de l’agression américaine contre le Nicaragua.
Washington répond en intensifiant au maximum son agression et en triplant ses livraisons au profit de la Contra. Les États-Unis usent de leur influence pour faire modifier les accords d’Esquipulas afin de permettre à leurs États clients dans la région de poursuivre leurs activités terroristes.

En 1990, les sandinistes sont écartés du pouvoir à la suite d’élections libres.

Indonésie et Timor Oriental

La richesse de l’archipel de l’Indonésie en ressources naturelles et sa position stratégique cruciale lui garantissent un rôle central dans la stratégie américaine. L’aide et la formation militaire américaine à l’Indonésie et son armée dura, en s’accroissant, de 1965 à août 1999. Économiquement, le tout petit Timor Oriental (800 000 habitants) ne présente aucun intérêt stratégique par rapport à l’Indonésie (200 millions d’habitants).

Année 1965, Indonésie

Les années 1950 sont marquées par de nombreuses rébellions séparatistes. En 1955 se tiennent les premières élections parlementaires, ainsi que la conférence de Bandung. L'Indonésie est un des plus fervents défenseurs du principe de non-alignement et d'indépendance du tiers monde.
En 1957, Sukarno dissout l'assemblée constituante issue des élections de 1955 et établit la « démocratie dirigée ». Il est obligé de composer avec deux formations importantes dans les pays : les forces militaires et le parti communiste indonésien (PKI).

Dans les années 1960, les tensions montent dans la population, et plus encore dans l'armée entre conservateurs et pro-communistes. Lors du mouvement du 30 septembre 1965, six généraux accusés par des officiers de gauche de fomenter un coup d'état contre Sokarno sont tués. Le général Suharto organise la répression et ordonne la dissolution du PKI, que l'armée accuse d'avoir organisé une tentative de coup d'état. En mars 1966, une opération militaire sanglante dont les dirigeants sont téléguidés par la CIA écarte Sukarno du pouvoir et le remplace par Suharto. Celui-ci est nommé officiellement président en mars 1968 avec le soutien du gouvernement américain.

En quelques mois seulement, les massacres perpétrés par l’armée firent près de 700 000 victimes dans tous le pays, pour la plupart des paysans sans terres, détruisant ainsi le parti politique de masse de la gauche, le PKI. Robert McNamara, secrétaire de la Défense, déclara devant le Congrès que l’aide et la formation militaire « avaient porté leurs fruits ».

Pendant les trente années suivantes, Suharto exerce un pouvoir dictatorial. Le pays connait une relative stabilité politique et amorce néanmoins un développement économique, d'abord grâce aux revenus du pétrole puis, avec la chute du prix du brut en 1986, grâce à une politique de libéralisation qui provoque un essor de l'investissement étranger.

Année 1975, Timor Oriental

Le 28 novembre 1975, profitant du mouvement issu de la révolution des œillets du Portugal, le Timor Oriental déclare son indépendance. Au bout de neuf jours, le pays est envahi et annexé par l'armée indonésienne, qui prétexte une peur du communisme et un effet domino.
Cette invasion se perpétue avec le soutien diplomatique des États-Unis et de l'Australie. Des armes américaines, françaises et anglaises continuent à être livrées même après l’embargo officiel. Les États-Unis rendent sciemment inefficaces les interventions des Nations unies.
En quelques mois, 60 000 personnes sont tuées, soit 10% de la population du Timor Oriental. Plus tard, l'Église annonce un chiffre proche des 200 000 victimes.

Les élections de 1999, Timor Oriental

Après la chute de Suharto, un référendum est organisé par le président en place et l’ONU pour le 30 août 1999. Le peuple du Timor doit se prononcer sur l’indépendance du pays par rapport à l’Indonésie. Aussitôt, l’armée commence une campagne d’intimidation qui fit, selon l'Église, 3500 victimes. Avec une participation de 99%, la population alla tout de même voter à 80% en faveur de l’indépendance. Aussitôt les atrocités s’intensifient de façon spectaculaire, toujours orchestrées par les militaires indonésiens. Avant même la question du référendum, l’armée avait déjà pris la décision de « détruire la nation ». Elle recruta en conséquence, en particulier des « unités d’élite » réputées pour leur extrême violence et cruauté, et la terreur et la destruction commença début 1999.

La mission des Nations unies (UNAMET) dénonça la situation et la responsabilité du gouvernement. A l’automne 1999, 260 000 personnes mouraient à petit feu dans d’horribles « camps de réfugiés ». Le reste de la population fut dispersé et se terra dans les montagnes. Le pogrom était prévisible, la famine menaçait partout. Les enquêtes officielles qui suivirent pour déterminer les crimes furent qualifiées par les officiels de l’ONU comme une « farce intégrale et un auto-blanchissement ».
Même après le début des violences, Washington tergiversa jusqu’à être obligé par la pression internationale (et plus particulièrement australienne) de laisser les Nations unies agir. Les quelques gestes qui furent alors entrepris ont poussé les généraux indonésiens à changer d’attitude et à accepter une présence internationale, ce qui révèle que la solution diplomatique avait toujours été à portée de main.
Les États-Unis n’ont pas versé le moindre dollar pour la force d’intervention de l’ONU au Timor. Washington a même demandé à l’ONU de restreindre l’ampleur de ses opérations.

Quelques autres interventions

Cuba

En 1898, sous prétexte de protéger les quelques 8000 résidents américains de l'ile, les États-Unis y envoient la marine. Une guerre rapide éclate alors avec l'Espagne qui contrôlait Cuba. A l'issue de celle-ci, l'Espagne cède entre autres Cuba aux États-Unis. Ils s’y installent donc et imposent une base militaire (Guantánamo) ainsi qu'un droit d’intervention dans les affaires intérieures du pays, ce qui leur permet des investissements financiers. Les États-Unis poursuivirent une ingérence marquée jusqu'en 1934.
Fidel Castro prend la tête d'une armée rebelle en 1956 et renverse le dictateur Batista le 1er janvier 1959. Il dirige Cuba jusqu'au 31 juillet 2006. Les États-Unis sont, en 1959, l'une des premières nations à reconnaître diplomatiquement le nouveau gouvernement, mais les rapports entre les deux pays se gâtent dès le mois de mai de la même année, lors de la nationalisation des avoirs étrangers (dont ceux de United Fruit Co) à Cuba.

Les États-Unis n’avaient pas intérêt à ce que l’exemple cubain se répande. L’administration Kennedy promit l’« enfer sur terre » à Cuba. Du 17 au 19 avril 1961 a lieu la fameuse tentative de débarquement à la baie des Cochons de 1 400 exilés cubains, recrutés, payés et entraînés par la CIA américaine. Cette opération a pour but de provoquer une rébellion contre le gouvernement castriste, et se solde par un échec. Ce gouvernement castriste est alors très populaire, le soulèvement n’a pas lieu et les mercenaires sont rejetés à la mer.
Les États-Unis mettent alors en place un embargo économique en 1962, mais renoncèrent à toute invasion de Cuba aux termes d'un accord signé pour conclure l'affaire des missiles de Cuba. Le pays est longtemps soutenu par l'URSS qui lui accordait une aide (4 à 6 milliards USD par an jusqu'en 1990) en échange de son alignement sur sa politique.
Pendant des années, l’agression américaine contre Cuba fut justifiée par la Guerre Froide. Or la décision formelle de renverser le gouvernement cubain fut prise secrètement en mars 1960, alors qu’il n’y avait pas de relations significatives entre Cuba et l’URSS. Ces relations n'ont réellement commencées qu'après les premières agressions américaines.

L’embargo américain qui frappe Cuba depuis le début des années 1960 dura jusqu'aux débuts de la présidence d'Obama. En outre, à la fin de la Guerre Froide l’agression contre Cuba s’est intensifiée, alors que Cuba fait face à une grave crise économique depuis la disparition du « grand frère soviétique ».

République Dominicaine

La campagne contre-insurrectionnelle du début des années 1920 aboutit à la dictature de Trujillo, l’une des dictatures les plus brutales et corrompues que les États-Unis ont soutenues en Amérique latine.
En 1962, le démocrate libéral Juan Bosh est élu. L’ambassade américaine contrecarre alors tous les efforts de Bosch pour s’assurer le soutien de la population. Toutes les réformes prévues (agraire, ouvrière, …) sont empêchées par l’administration Kennedy. Un coup d’État a lieu, et les États-Unis reconnaissent tout de suite le nouveau gouvernement de type militaire.
En 1965, un nouveau coup d’État se prépare, venant cette fois-ci d’officiers libéraux, réformistes et constitutionnalistes. Les États-Unis interviennent alors en envoyant des troupes. Un régime dictatorial terroriste est rétabli. Le pays est alors pratiquement acheté par la Gulf and Western Inc. Ainsi que d’autres firmes.
Les difficultés et la pauvreté sont écrasantes. Le climat est idéal pour organiser des élections sans aucun « risque » pour les États-Unis.

Turquie

La répression turque contre les kurdes a connu son apogée dans les années 1990. Entre 1990 et 1994, l’armée turque dévaste les campagnes, poussant à l’exode vers les villes 1 million de personnes et laissant sans abris deux autres millions de gens. Le gouvernement attribue au terrorisme kurde les quelques milliers d’assassinats politiques de kurdes. Toutes ces données sont parfaitement détaillées dans les rapports des principales organisations humanitaires, mais restent ignorées.
Les États-Unis furent le principal fournisseur de matériel militaire de la Turquie, matériel qui fut utilisé contre les populations. Quand les organisations humanitaires révélèrent que les armes américaines servent à bombarder des villages, l’administration Clinton trouva des moyens de contourner les lois qui imposaient la suspension des livraisons.

Bibliographie

Noam Chomsky : « La Fabrique de l'Opinion publique - La Politique économique des médias américains ».
Noam Chomsky : « De la guerre comme politique étrangère des États-Unis ».

Divers articles de Wikipédia.

Mise à jour le Mardi, 01 Juin 2010 16:29