Les guerres d'Indochine

Vietnam

La première guerre d’Indochine

Le 2 septembre 1945, Hô Chi Minh proclame l'indépendance du Viêt Nam. Il est la figure centrale du mouvement vietnamien nationaliste de gauche, le Viêt Minh. En novembre 1946, c'est le début de la première guerre d'Indochine, qui durera jusqu'à juillet 1954. La France essaye de reconquérir ses colonies d’Asie du Sud-Est, soutenue par les États-Unis, qui iront jusqu’à financer 80% des dépenses militaires vers la fin de la guerre.
De leur côté, les États-Unis veulent éliminer en Indochine l’influence communiste qui menace ses intérêts économiques. Les États-Unis craignent également un effet domino : dans un pays aussi pauvre, ayant sévèrement souffert du colonialisme européen, un développement économique populaire pouvait avoir un effet d’entraînement dangereux et servir de modèle à d’autres peuples désireux de s’en inspirer.

La défaite française à Dien Bien Phu en mai 1954 entraine la signature des accords de Genève, qui établissent l'indépendance du Vietnam. Le pays sera partagé en deux zones de regroupement militaire le long du 17e parallèle, avec les Viêt Minh au nord et les forces ayant soutenu les français au sud. La réunification entre les deux zones est envisagée pour 1956 après référendum.

La France s'étant retirée, les États-Unis sabotent alors les accords et installent au sud un gouvernement fantoche pratiquant le terrorisme officiel, tuant des dizaines de milliers de civils. La résistance s’organise, principalement dans le Sud. Le FLN (Front de Libération National, ou Viêtcong selon leurs adversaires) est suivit par plus de 50% de la population, le gouvernement imposé par Washington n’a, lui, aucun soutien effectif.
Il est évident pour tout le monde que les Viêt Minh vont sortir vainqueur du scrutin de 1956, mais les élections prévues n'eurent jamais lieu car Diem, le président autoproclamé de la République du Vietnam (au sud), n'en avait jamais eu l'intention. La Guerre du Viêt Nam, ou Deuxième Guerre d’Indochine, éclate donc entre les deux parties du pays et y entraînera par la suite les États-Unis.

La première phase du conflit, de 56 à 65

Entre 1957 et 1961, la répression intérieure tue 66 000 personnes et en emprisonne entre 50 000 et 150 000. Les membres du Viêt Minh qui ont résisté aux français en sont les cibles principales. La résistance est d’abord pacifique, les communistes n’autoriseront la violence en cas de légitime défense qu’à partir de 1959. Tous les partis vietnamiens font de sérieux efforts au début des années 60 pour éviter la guerre, mais les américains, faibles sur le terrain politique au Vietnam, font tout pour faire basculer la lutte politique vers la guerre. Leur unique objectif est d’établir un gouvernement anticommuniste à Saïgon.
Officiellement, les américains mènent le combat du monde libre pour contenir l’agression communiste : les combattants Viêt-cong infiltrent leur propre pays, avec le soutien de la population, pendant que les américaines résistent à cette agression.

De 1961 à 1962, le gouvernement Kennedy engage des troupes, conseille l’armée locale, et largue des bombes et défoliants, principalement sur les régions agricoles où vit 80% de la population. L’armée déporte des millions de citoyens dans des « camps de regroupement ». En 1963, le régime de Diem est renversé par les américains qui craignent de le voir négocier avec le FLN. Tout compromis permettant aux parties vietnamiennes de trouver leur propre voie signifie l’acceptation de la mort du régime anticommuniste de Saïgon que soutient Washington.

Les États-Unis sont politiquement isolés face au FLN, à l’opposition non communiste et aux généraux. Il leur faut donc étendre la guerre au Vietnam du Nord pour forcer ses dirigeants à cesser leur soutien au FLN.
Lors d’opérations maritimes, des navires du Sud Vietnam sont engagés. Le Nord subit de lourdes pertes et sa riposte est peu nourrie. Deux jours plus tard, on apprend qu’un navire américain aurait été attaqué… Le président Johnson dénonce une « agression ouverte en haute mer contre les États-Unis d’Amérique », donnant naissance à l’incident du Golfe de Tonkin. Les médias américains suivent à 100% la propagande de son gouvernement, contrairement à la presse mondiale qui reste beaucoup plus critique et lucide.
A la suite de cet incident, le 7 août 1964 (Southeast Asia Resolution, Public Law 88-408) le congrès autorise à l’unanimité le président « à prendre toutes les mesures nécessaires pour repousser les attaques contre les forces des États-Unis et empêcher toute agression ultérieure » par les Vietnamiens. Le bombardement du Nord Vietnam peut commencer.

En 1965, les États-Unis installent officiellement au gouvernement des hommes qui leur sont entièrement dévoués, les généraux Ky et Thieu, les présentant comme un « libre choix du peuple ».

La seconde phase du conflit, après 65

Les troupes américaines arrivent au Vietnam en 1965. Avant cette invasion terrestre, il y a déjà eu 150 000 morts au Sud. Les bombardements réguliers commencent au Vietnam du Nord. En 1967, la guerre atteint un tel niveau de destruction que le Vietnam, en tant qu’entité culturelle et historique, est menacé d’extinction.

L’offensive du Têt commence le 21 janvier 1968 avec le siège de la base américaine de Khe Sanh par les troupes régulières nord-vietnamiennes. Le but des combattants vietnamiens est d’attirer les troupes américaines loin des agglomérations, ce qui est un succès. Le 31 janvier, les villes importantes sont attaquées de la même manière par les forces du FLN, soutenues par des éléments de l’armée du Nord. Stratégiquement, l’offensive est plutôt un succès pour l’armée vietnamienne, contrairement à ce qu’affirma la presse américaine. Les Viêtcong contrôlent maintenant la plupart des campagnes, la position militaire américaine est revenue au niveau d’avant 1965.
L’offensive plonge Washington dans la confusion et l’incertitude. Les sceptiques et les dissidents apparaissent au grand jour. Même si l’opinion publique veut la poursuite du conflit et une intensification de l’effort de guerre, pour les « élites » la victoire ne semble plus un objectif raisonnable : la guerre coûtant trop cher, un processus de désengagement doit être enclenché.

Richard Nixon est élu président et démarre à compter de janvier 1969 sa politique de lent désengagement de la guerre. Le but est d'aider progressivement la République du Vietnam à construire sa propre armée de sorte qu'elle puisse poursuivre la guerre par elle-même. Cette politique devient la clé de voûte de la « doctrine Nixon ».
VERIFIER CETTE HISTOIRE DE PACIFICATION ACCELEREE
Les appelés américains sont retirés petit à petit, et la responsabilité des combats repose désormais sur les forces de Saïgon, équipées et commandées par les États-Unis. La « campagne de pacification accélérée » qui suit est une opération de massacre de masse qui démolit le FLN et sa base paysanne, faisant des dizaines de milliers de victimes et ruinant ce qu’il reste du pays. A grands renforts de déluges de feu, les forces américaines parviennent à reprendre le contrôle des villes. Certaines d'entre elles sont détruites à plus de 80%. Ces opérations sont justifiées avec des arguments du type « il fallait la détruire pour la sauver ». Il y a cinq fois plus de morts et de prisonniers que d’armes capturées. Dans les villes ou les campagnes, les victimes sont les habitants dont les vies ne sont pas menacées par les combattants du Viêt-cong qui vivent parmi eux, mais bien par les forces américaines venues les « protéger » de ces Viêt-cong.

L’agression s’étend à toute l’Indochine. Le Laos est soumis à un bombardement exceptionnellement lourd qui détruit sa société rurale qui n’a rien à voir avec la guerre au Vietnam du Sud. Le Cambodge est bombardé avant d’être envahi, ralliant ainsi les paysans à la cause des Khmers rouges.

Les accords de Paris

En octobre 1972, les négociations reprennent à Paris, basées sur la question de l’avenir politique du peuple sud-vietnamien. Un accord est établi, indiquant que le peuple décidera seul de son avenir. Ce texte est très similaire à celui du début des années 60.
Cependant, Kissinger s’oppose à cet accord, exigeant que leur client, le GVN (Gouvernement de la République du Vietnam), demeure le seul gouvernement légitime. Les médias relaient la version de Kissinger des « accords », donnant l’impression que les vietnamiens violent les accords, alors qu’en réalité ils respectent ceux établis à l’origine.
Des bombardements ont encore lieu dans le pays jusqu’à noël 72, conduisant à un nouvel échec militaire américain.
En janvier 1973, les négociations reprennent, aboutissant à des accords très proches de ceux de 72. La même comédie que pour les accords de 72 est jouée du côté américain.

En résumé, les accords de Paris donnent une indépendance et une souveraineté totale au Vietnam, le Nord et le Sud devant œuvrer pour la réunification, et les deux partis politiques du Sud devant y assurer une élection démocratique.
Dans le mois qui suit, les États-Unis violent quasiment tous les points du traité. Il était clair pour eux dès le début que les accords qu’ils avaient signé ne seraient pas respectés. Les médias américains attribuent la responsabilité de ces violations aux communistes, parfois au GVN, mais jamais aux États-Unis.

Bilan

De 1965 à 1975, le nombre de mort au Vietnam s’élève sans doute à 3 millions, plus un autre million de morts au Laos et au Cambodge, pour un total de 4 à 5 millions de personnes tuées. En outre, les bombardements provoquèrent l’exode de près de 10 millions de réfugiés.
Le pays fut dévasté et l’agriculture rendue impossible par la destruction générale et la présence de bombes n’ayant pas explosé. Il faudra plusieurs générations pour renverser les conséquences écologiques, climatiques, économiques et sociales des destructions massives opérées par les défoliants.

Officiellement, la perte de la guerre est un fait indéniable. Cependant, si les États-Unis n’ont pas atteint leurs principaux objectifs en Indochine, la victoire est tout de même partielle. Ils ont démontré l’inutilité des initiatives indépendantes de gouvernement progressiste, susceptibles de s’étendre comme une « pourriture ». Les pays d’Indochine auront de la chance s’ils survivent, mais ils ne mettront pas en péril l’ordre mondial par un cadre social ou économique interdisant à l’Ouest d’exploiter librement leurs ressources.

Contrairement aux cas de diverses invasions perpétrées par l’Union soviétique, les Nations unies n’ont jamais condamné l’« intervention » américaine. Il n’y a eu ni investigations ni dénonciations des crimes commis pendant les opérations militaires.

Laos

Les accords de Genève de 1954 prévoyaient un règlement politique au Laos et au Cambodge. Au Laos, les États-Unis font obstruction à ce règlement politique. Une mission militaire américaine déguisée est installée sous la direction d’un général en civil. Les États-Unis couvrent 100% du budget militaire du pays.

Malgré les efforts des États-Unis, des élections libres ont lieu en 1958, que la gauche gagne haut la main. Mais par des pressions économiques, le gouvernement est renversé.
En 1960 des élections grossièrement truquées amènent au pouvoir un homme d’extrême droite, pion des États-Unis. La guerre civile éclate alors, dirigée par une coalition regroupant tous les partis sauf l’extrême droite. Cette coalition est soutenue par l’URSS et la Chine.

Les opérations américaines clandestines commencent en 1961. Les bombardements réguliers (sous le nom de Barrel Roll, le rouleau compresseur) écrasent le nord du Laos en décembre 1964. Ils s’intensifient en 1966 pour atteindre une extrême violence à partir de 1968. Les destructions sont totales, rasant les villes et éradiquant la végétation.
Le bilan de la guerre est de 350 000 morts, un dixième de la population, plus autant de déracinés.

Les journaux américains parlent du Laos comme d’une « bataille accessoire », la réalité du conflit est minimisée, voir même censurée, par presque tous les médias, alors que les reportages dans les journaux des autres pays décrivent l’ampleur des dégâts et les massacres de civils.
Seules exceptions à la règle : le National Guardian, un journal de gauche, et un article de T.D. Allman dans le New York Times en 1969.
Après la fin de la guerre, les faits sont déformés dans les journaux, jusqu’à attribuer les « problèmes » du Laos aux seuls communistes.

Encore de nos jours, des milliers de personnes (des enfants et des paysans) sont victimes chaque année des mines antipersonnelles dont est truffée la plaine du Jars et qui n’avaient pas explosé au moment du bombardement.

Cambodge

Avant 1969

Le Cambodge est un protectorat français depuis 1863. Depuis lors, La paysannerie a vécu longtemps dans des conditions d’extrême violence et dans la haine des oppresseurs étrangers. Pendant la guerre française de reconquête de la fin des années 40, 1 millions de personnes sont déportées. Après 1945, les résistants anti-français décrivent les atrocités commises par les forces gouvernementales contre la population rurale.

En 1947, le pays devient une monarchie constitutionnelle dirigée par le roi Norodom Sihanouk. Le Cambodge obtient son indépendance le 9 novembre 1953, à la fin de la guerre d'Indochine. Une vraie opposition entre la campagne et la ville se crée, la ville cherchant à préserver les privilèges de ses nantis. Sihanouk gouverne le pays en essayant de parvenir à un équilibre entre la gauche révolutionnaire paysanne et la droite urbaine plus proche du pouvoir, tout en restant aussi neutre que possible face à la guerre d’Indochine.

Dès 63, des forces khmères Serei, soutenues par la CIA, attaquent le Cambodge à partir de bases thaïs ou sud-vietnamiennes. En 66, les Khmers Serei déclarent officiellement la guerre au Cambodge. En 67, le gouvernement cambodgien porte plainte auprès des Nations unies contre des interventions armées américaines, sud-vietnamiennes et sud-coréennes sur son territoire.

La phase I, de 1969 à avril 1975

L’escalade de la guerre au Cambodge coïncide avec des efforts similaires au Laos et au Vietnam. Après 69, l’aviation américaine largue des défoliants. Sihanouk dénonce et s’oppose violemment aux bombardements quotidiens de l’aviation américaines sur la population civile des régions frontalières.
En 70, le gouvernement cambodgien rédige un livre blanc rapportant les milliers d’incidents militaires dont le peuple est victime, photographies, dates et détails à l’appui.

Sihanouk est renversé en mars 70 par un putsch des classes dominantes soutenu par les États-Unis et dirigé par Lon Nol. Des combattants Viêt-cong s’enfoncent dans le Cambodge et aident la résistance paysanne face aux putschistes. Il s’en suit une guerre civile, soutenue par les États-Unis du côté du gouvernement. De son côté, Sihanouk ralie les Khmers.

Les bombardements américains, qui se poursuivent même après le retrait des forces Viêt-cong du territoire cambodgien, sont d’une ampleur sans précédent et laissent un pays totalement ruiné.
La destruction systématique du Cambodge radicalisent les paysans cambodgiens : les Khmers rouges, jusqu’alors marginaux, deviennent une force d’importance soutenue par les victimes terrorisées des raids aériens. Les raids aériens américains transforment des milliers de jeunes cambodgiens en membres de la croisade anti-américaine.
Malgré le vote du Congrès mettant fin aux bombardements en août 1973, la participation du gouvernement de Washington aux massacres continue jusqu’à la victoire des Khmers rouges en avril 1975.

La Commission d’enquête finlandaise estime, durant cette phase I, à 600 000 le nombre de mort et 2 millions le nombre de réfugiés, sur une population totale de 7 millions d’habitants.

Dans les médias, il y a très peu d’enquêtes et de reportages sur cette période. Les réfugiés comme les bombardements sont ignorés. Par la suite, jamais il n’y aura de réflexions sur les conséquences de la guerre américaine par rapport à la suite des évènements.

La phase II, d’avril 1975 à 1978

Le Cambodge est assujetti au terrible règne des Khmers rouges (le KD) jusqu’à leur renversement par l’invasion vietnamienne de décembre 1978. C’est l’ère de Pol Pot et du génocide.

Les victimes sont maintenant « méritantes » aux yeux des américains, elles sont médiatisées. Quelques semaines après l’arrivée au pouvoir des Khmers rouges, la presse américaine les accuse de « cruauté barbare » et de « politique génocidaire », alors que le nombre de mort qui leur est alors dû est de quelques milliers, nombre incomparable avec celui des victimes de la phase I.
Toute la responsabilité de l’horreur actuelle est mise sur le dos des Khmers rouges. Le Cambodge d’avant le régime Khmer rouge est présenté de façon idyllique. La situation présente est souvent analysée de façon erronée, en particulier en utilisant des données datant d’avant l’arrivée des Khmers rouges au pouvoir.

Toutes les estimations disponibles suggèrent que le génocide de la phase II a fait davantage de victimes que la phase I, mais pas d’une manière radicale.

La phase III

Après avoir renverser le gouvernement Khmer rouge, le Vietnam installe au pouvoir le régime de Heng Samrin. Face à ses ennemis vietnamiens, les États-Unis se mettent à soutenir la coalition du KD, basée principalement sur les Khmers rouges. Le KD conserve sa reconnaissance internationale, le bloc soviétique mis à part. Reconstitués avec l’aide de la Chine et des États-Unis sur la frontière du Cambodge et de la Thaïlande, les Khmers rouges continuent leurs activités militaires terroristes au Cambodge.

Les victimes sont toujours méritantes, car elles souffrent sous l’occupation vietnamienne, ennemi officiel des États-Unis. Maintenant, les horreurs précédemment dénoncées de l’ancien régime Khmer rouge sont aseptisées pour transformer les bouchers en « forces de résistances ». Sur la base d’une interprétation abusive de données démographiques, les États-Unis dénoncent même un génocide au Cambodge pendant cette occupation vietnamienne.

Les suites de la guerre

En 1975, toute la région est confrontée aux problèmes quasi insolubles de la reconstruction de ses pays, ruinés par un siècle d’oppression coloniale et par la guerre. La politique américaine fera tout pour empêcher les pays dévastés de se sortir du cataclysme en refusant toute réparation, toute aide, tout commerce, et en bloquant toute assistance extérieure. Par exemple, les États-Unis ont bloqué les livraisons internationales de nourriture au Vietnam pendant la famine d’après-guerre, utilisant l’arme des vivres pour « punir ce pays d’avoir occupé le Cambodge ». Lors d’une famine, les États-Unis est le seul pays entretenant des relations diplomatique avec le Laos et possédant des excédents alimentaires à ne pas leur avoir apporté d’aide alimentaire.
Exception notable : l’aide américaine aux Khmers rouges dans les années 80 s’élevant à 85 millions de dollars…
Vers la fin des années 90, le Mine Advisory Group (MAG) tente de déminer le Laos et le Cambodge. Les États-Unis sont absent du groupe d’organisations occidentales soutenant le MAG, et refuse de procurer des matériels de protection.

En 1977, dans l’un de ses sermons sur les droits de l’homme, le président Carter explique que les USA n’ont, envers le Vietnam, aucune dette, aucune obligation d’assistance, parce que « les destructions ont été mutuelles ». Dans les médias, les vietnamiens sont méprisés.

Aux États-Unis, le peuple n’a plus confiance en ses « élites ». Le syndrome du Vietnam, une inhibition maladive face aux armes, se développe. Le peuple participe également plus activement qu’avant au système politique, ce qui peut menacer le pouvoir en place et les privilèges établis.
Le gouvernement et les médias tachent alors de convaincre le public que cette guerre a été une erreur. Ils cachent le véritable héritage de destructions laissé par les États-Unis. Mais en 1982, une étude montre que 72% des américains pensent que la guerre « a été pire qu’une erreur : une faute morale ».

Biographie

Noam Chomsky : « La Fabrique de l'Opinion publique - La Politique économique des médias américains ».
Noam Chomsky : « De la guerre comme politique étrangère des États-Unis ».